Marché du travail
Début 2025, les fédérations professionnelles en arts vivants ont été sollicitées par la Ministre de la Culture afin d’ériger un état des lieux sur le bien-être au travail et les VHSSD dans le secteur culturel.
La Chambre de concertation des Arts vivants a ainsi rendu un avis sur ces sujets. Bien qu’il n’échappe pas légalement aux réglementations en vigueur sur le bien-être au travail (notamment la Loi Bien-être au travail), le secteur culturel francophone belge est entaché, depuis plusieurs années, de nombreux cas de non-respect du bien-être psycho-social de ses travailleur·euses.
Ces cas d’abus touchent à la fois des postes artistiques, techniques ou administratifs, et ce, qu’il s’agisse de personnel salarié, au sein de compagnies, de festivals ou de lieux en arts de la scène, ou d’indépendant·es.
Nous souhaitons ici rappeler que la reconnaissance du rôle essentiel de la culture par les pouvoirs publics, tous niveaux de pouvoir confondus, constitue un préambule nécessaire pour assurer le bien-être des travailleur·euses de ce secteur. Le financement public des politiques culturelles a bien entendu un impact considérable sur le bien-être au travail dans le secteur culturel.
La reconnaissance, notamment, des spécificités du travail des arts et de la protection sociale y afférente, par le pouvoir fédéral, est essentielle afin de protéger les travailleur·euses.
L’avis de la Chambre de concertation des Arts vivants détaille les spécificités de l’emploi artistique et comment celles-ci peuvent augmenter les risques psycho-sociaux. La situation est alarmante pour les travailleur·euses du secteur culturel : parmi les symptômes des risques psycho-sociaux observés dans le cadre d’une étude du Fonds 304 publiée en octobre 2024, les plus fréquemment cités sont le stress, la difficulté à se déconnecter du travail, le sentiment de surcharge et la culpabilité de surcharge, qui correspond au sentiment de culpabilité de ne pas réussir à « tout faire ».
Parmi ces risques psycho-sociaux, on retrouve aussi bien sûr les risques de subir des VHSSD sur le lieu de travail. L’étude du Fonds 304 précitée a mis en lumière des résultats préoccupants concernant les phénomènes de harcèlement au travail dans le secteur des arts de la scène. Depuis 2017 et la prise de conscience liée à la vague Me Too, une libération de la parole a aussi eu lieu dans le secteur des arts vivants francophone belge, et de nombreux témoignages ont été partagés sur ce type de violence.
Afin de créer des secteurs professionnels où les membres de nos fédérations peuvent s’épanouir et se sentir en sécurité, protégé·es de toute discrimination, et ce, dès leurs premiers liens avec le monde du travail culturel francophone belge, nous avons identifié plusieurs pistes de solution, reprises dans l’avis de la Chambre de concertation des Arts vivants de juillet 2025.
(consultable dans l’onglet Ressources)